Les surprenants excédents du CCAS d'Orléans

En 2011, et pour la deuxième année consécutive, le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) d’Orléans a dégagé un important excédent par rapport à ses prévisions budgétaires : 1 045 706, 71 euros. Pour rappel, en 2010, cette même instance avait déjà affiché un résultat record de plus d’1,3 million d’euros à la clôture de son exercice. En cumul, ce sont donc près de 2, 4 millions d’euros qui gonflent la cagnotte du Centre d’action sociale, pour un budget de fonctionnement moyen qui tourne autour de 16 millions d’euros. En cette période de crise, qui frappe durement nos contemporains les plus fragiles, cette situation mérite qu’on s’y arrête.

ImageElle interroge d’abord sur la gestion globale de la politique sociale à Orléans, dont le CCAS est le principal vecteur. Ainsi, cette année, l’excédent est nourri à la fois par des dépenses inférieures aux prévisions (mais ces dépenses n’avaient-elles pas été surévaluées lors de la construction du budget ?) et par des recettes supérieures aux attentes. Comme ces recettes proviennent des subventions reçues – notamment de la CAF – et de ce que payent les famille pour l’accès aux prestations, l’on est en droit de s’interroger sur la pertinence de la politique tarifaire menée par le CCAS.

L’opposition municipale renouvelle donc sa demande que le prix des services dispensés par le CCAS soit gelé, au moins pour les foyers les plus modestes. Il en irait ainsi des places en crèche, du portage des repas, des animations proposées aux ainés, des foyers logements, etc.

En outre, au delà de l’analyse en cours des besoins sociaux, indispensable mais insuffisante, les élus de l’opposition réclament qu’un travail systématique de détection des précarités sociales soit mené, en lien avec les opérateurs de l’énergie (électricité, gaz), l’Orléanaise des eaux, les établissements scolaires (pour la question du paiement de la cantine ou de la garderie, par exemple), afin d’éviter que des dossiers d’impayés ne conduisent à des situations de détresses cumulatives. Beaucoup de personnes isolées, de familles modestes, n’osent pas, ne savent pas ou n’ont pas l’énergie de venir frapper à la porte du CCAS. Dans ces conditions, il est vain d’attendre qu’elles se présentent pour prétendre les aider.

De même, les conditions d’accès et les horaires d’ouverture de l’épicerie sociale devraient être élargies, afin de permettre à beaucoup de nos concitoyens, qui sont dans une situation économique difficile, de boucler leurs fins de mois dans des conditions décentes.

En tout état de cause, le compte administratif, largement excédentaire, du CCAS ne nous satisfait pas. L’action sociale n’a pas vocation à faire des bénéfices !